Ca se passe de commentaire....

Publié le par Buliyah

Monter les marches dans le noir. Et les yeux fermés. De toute façon, on s'en fout, ces marches, on les a tellement montées. Pestant contre sa fièvre et la gorge enflée. Et d'un coup, être pris d'un doute. S'arrêter. D'un coup. Une pensée. Affreuse.

Merde, merde, merde.... Faites qu'on ne soit pas lundi. Ne me dites pas qu'on est lundi. Je vous en supplie.

Se mettre à trembler. Et merde. Comment est-ce qu'on a pu etre assez con pour oublier ça. Comment on a été assez con pour pouvoir oublier la violence d'hier. Comment on a été assez con pour fuir l'espace d'une journée. Comment on a été assez con pour renier ses propres principes. Toujours faire face. Comment on a été assez con pour courber l'échine face à la peur. Face à la colère. Sentir les larmes monter. Ne pas pleurer. Surtout pas. Ca ne servirait à rien ni à personne.

Repenser à ces mots affreux qu'on a crié. D'autant plus affreux qu'on les pensait. Cette angoisse, cette peur, cette colère. Face à ça. Face à eux. Parce qu'on aurait jamais du craquer. Parce que craquer n'a rien à arrangé. Juste à attendre le coup qui n'est pas venu. Trembler de peur et d'incompréhension. Se sentir tellement misérable et impuissante... Tellement qu'on ne pense même pas à pleurer. Qu'on reste pétrifiée par l'horreur. On attend. On regarde. On hurle et on écoute hurler. On ne sait pas pourquoi on se retrouve là. Mêler à tout ca. Voir que ca se calme. Par un départ. Par rien d'autre. Continuer de hurler sur celui qui reste. Etre egoiste. Dans le mauvais sens. Dire ce qu'on a sur le coeur pour se libérer tout en sachant qu'au final, de toute faon, on aura encore plus mal parce que les mots n'auront que ricoché. Entendre la clé dans la porte. Entendre l'autre revenir. Secouer la tête.

Traverser le couloir la tête basse. J'entre dans la chambre. Je referme doucement la porte. Et murmurer tout doucement à Elle qui était là.

_ Pardon de t'avoir infliger ça.

Sourire tristement. Et s'asseoir sur le lit. Baisser la tête. Cheveux en cascade. Rideaux contre les larmes. La sentir s'approcher et nous prendre dans ses bras et l'entendre mumurer "ne pleure pas, je t'en prie ne pleure pas" en boucle inlassablement et nous carressant les cheveux et n'avoir que la force de mumurer pardon et exploser en sanglots....

Réetendre la dernière phrase assassine qu'on a lancé : jveux plus te voir pour la soirée. Laisse moi. Alors que l'autre est dans un état encore pire que le sien. Et continuer à pleurer en silence. Toujours dans ses bras.

Faire comme s'il ne sétait rien passé ensuite. Suivre le programme. Et rire. Bien plus qu'on ne le devrait. Comme si ces rires allaient panser et compenser ces larmes et ces cris. Les confidences sous la couette. Les mots de reconfort. Avoir le coeur qui se serre et l'angoisse qui monte. Se traiter de tous les noms parce que quand Elle, Elle avait subit tout ça, on avait pas été assez présent. Pas comme on l'aurait voulu. Vouloir lui prendre la main mais ne pas oser bouger.

Et finalement s'endormir. Le coeur noué par l'angoisse. Avec l'idée que la porte allait d'un coup s'ouvrir et que le cirque allait recommencer. Attendre qu'il arrive. Que ce soit fini. Ecouter Sa réspiration. Arrêter de penser. Ou presque. Et s'endormir avec l'idée que s'ils mourraient tous les deux, ca reglerait tout. Plus personne ne souffrirait de toute façon. Et plus personne ne se détruirait.

Se réveiller. Confrontation. Explication. Rapide sommaire. On reprend les masques. Il ne s'est rien passé. S'excuser auprès d'Elle. Ouais, c'est pas grave, jconnais ça, presque en pire. Avoir le coeur qui se serre. Et toi, pauvre conne t'étais où quand Elle avait besoin de toi ?

Oublier qu'on est lundi et passer une super journée avec Elle. La laisser dans le train le coeur léger. On s'en fout. On la revoit dans quelques jours. Passer une soirée sympa malgré la fièvre. Et rentrer.

Monter les escaliers....

Sortir de ses pensées. Sortir ses clés. Toujours dans le noir. Jouer à tout trouver au touché. Serrure et clé. Se crisper un peu au moment où la porte s'ouvre. Si les cris avaient repris, on l'aurait déjà entendu. S'attendre à voir la maison dévastée. Trembler un peu. Entrer.

Lumière. Elle est là. Bien. Voir qu'elle a le visage rouge et bouffie par les larmes. Bien. Parler un peu. Et retourner dans sa chambre. L'entendre frapper.

_ Ah tiens, tu es là.
_ Oui, je suis rentré à 20h.
_ Ah d'accord.

Un temps de silence.

_ Et ca s'est bien passé ?
_*fais un signe de la main* ouais, moyen. Comme ci, comme ça ?
_ Elle a essayé de tout casser ? Elle a hurlé ? Essayer de frapper ?
_ Non....
_ Alors tout s'est bien passé....

Aller prendre une douche, à moitié soulagé. Exploser en sanglot. Qu'est-ce qu'on s'en fout là du bruit. Le bruit de l'eau couvre tout. Et pas de trace de sopalin qui pourraient trahir. Fermer les yeux. Pour ne penser à rien. Sentir l'eau et les larmes. Se focaliser sur la respiration....
Dresser l'oreille au moindre bruit. Et là, ca crie ou j'ai rêvé ? L'eau m'a emppêché de bien entendre. Avoir les sens aux aguets. Entendre, sentir, ressentir. Et merde. Couper l'eau et sécher les larmes. Fausse alerte. Mais rester sur le qui-vive à attendre que ca arrive....

Venir ici tout évacuer. Vous expliquer un peu. Vous dire pourquoi là, jsuis pas trop là. Pourquoi j'ai pas envie d'être la. Jveux pas mentir. Et jveux pas parler.

Pardon pour les fautes, j'ai les yeux embrumés....
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
pardon :/ jai même pas la force de lire ton mail en entier... :/ mais au moins, j'ai bien lu l'objet ^^ tm! aussi milov :)
Répondre
L
Répondre
L
C'est mon taf la correction, laisse faire les hommes m3 enfin les pros. -_-" (pour mes commentaires personnels à cet article, c'est dans ta boîte mail msn). <br /> tm.
Répondre